-alerte par avance le message un peu long-

Et oui, déjà ! Je pense à Noël, notamment en voyant les catalogues arriver dans la boîte (c'est moi ou ils arrivent de plus en plus tôt ?) mais surtout parce que j'ai fait des choix différents depuis un certain temps à propos des cadeaux... et que le fait main demande du temps. Le tout m'a remis en mémoire ce qui va suivre.

Il y a quelques années, dans une autre vie, sur un autre blog, j'écrivais ceci :

"C'est l'histoire d'une fillette.

Une fillette passionnée par les chevaux et tout ce qui y a trait.

Une fillette de son temps, de son époque, où le paraître et l'avoir ont souvent plus de poids que l'être et le partage. Une époque de consommation, de mode et de jetable...

C'est l'histoire d'une fillette de 8 ans donc, qui a entendu les copines parler de cette nouvelle collection avec des poneys "trop mignons", et qui a beaucoup insisté pour l'acquérir elle aussi.

Sa maman est réticente : elle a ressenti confusément -mais tardivement- le poids et les effets néfastes de cet engrenage du "consommable". Elle essaie doucement de modifier ses choix pour elle, pour sa famille. Mais il est difficile d'expliquer parfois à une fillette de 8 ans...

La maman a donc cédé, erreur, et acquis le fameux objet désiré. Au premier achat, le poney est "trop beau", la fillette est ravie, très enthousiaste et la maman heureuse d'avoir fait plaisir avec ce petit rien. Au second, drame : frétillante déjà, la fillette est habillée très vite, attendant la traditionnelle "balade" du dimanche matin vers l'épicerie du village. Une seule idée en tête : offrir à son petit cheval un compagnon (parce qu'en plus, dans la description du caractère du personnage, bien entendu il lui FAUT un ami... sans commentaires !). Mais dans les pochettes toutes neuves, les nouvelles pièces convoitées ne sont pas là... en lieu et place, le même poney que la première fois en deux exemplaires.

La fillette crie, la déception roule, palpable, sur ses joues... et la maman en colère (contre elle même) jure mais un peu tard -à l'instar du corbeau de la fable- qu'on ne l'y prendra plus. La maman a simplement voulu faire plaisir à la fillette, en oubliant sa méfiance et ses principes.

La mésaventure laisse un goût amer... Servira-t-elle de leçon ? En tout cas, elle rappelle que "parfois on regarde les choses telles qu'elles sont en se demandant pourquoi, parfois on les regarde telles qu'elles pourraient être en se disant pourquoi pas" (Merci Vanessa Paradis et Louise Attaque : se pourrait être la devise de cet automne !!!)

Et, en ce moment particulièrement, de préparatifs (déjà !) de fêtes et donc de matraquage publicitaire, oui, j'ai envie de regarder les choses telles qu'elles pourraient être en me disant pourquoi pas... Pourquoi pas un monde moins matérialiste, moins consommateur, moins superficiel, moins injuste, plus simple, plus vrai... un monde qui épargnerait à nos enfants les sirènes, les tentations et les illusions de la possession exponentielle et de la mode qui se renouvelle de plus en plus vite...

En attendant ce monde, mes choix pour les mois à venir (rythmés chez nous par les anniversaires, en plus de Noël) n'en sont que renforcés. Reste à les expliquer et les faire respecter (ce qui n'est sans doute pas le plus facile !)."

Maintenant la fillette a 16 ans et sa soeurette 10... et quand je vois cette affiche sur la porte des WC (merci Astrapi !) :

 

affiche noel

 

Je me dis que oui... on peut regarder les choses telles qu'elles pourraient être et se dire pourquoi pas...

Parce que le monde de demain est celui que nous permettons à nos enfants de construire, et que nous avons un rôle dans la façon dont ils le voient.